Balade faite début mai.
Enchâssée comme un bijou dans la forêt de Lyons, Bézu la Forêt est un village dont le charme tient tant à sa situation, à ses typiques maisons normandes qu’à la douce sonorité de son nom. C’est le point de départ d’un circuit de découverte des sources de la Lévrière, circuit qui se déroule en grande partie au cœur de la célèbre hêtraie cathédrale.
Laissons notre voiture à Bézu sur le parking situé sur la route de Gournay près d’un pont qui franchit la toute jeune Lévrière, et prenons la rue de l’Eglise (photo 1). Nous passons à droite de cet édifice qui possède d’intéressantes peintures murales et un très beau vitrail votif du XVIème siècle dont les donateurs étaient les maîtres verriers de la Haye, et suivons la rue qui descend à droite. Après avoir passé un petit pont, tournons à gauche sur un chemin qui monte dans la forêt, tout de suite après le départ de la petite route qui mène au château de la Fontaine du Houx. En ce mois de mai notre parcours est discrètement fleuri par des aubépines (photo 2), des lamiers jaunes (appelés aussi orties jaunes mais elles ne sont pas urticantes) et de délicates aspérules odorantes.
Après une dizaine de minutes nous atteignons une route goudronnée que nous prenons à gauche. C’est la route forestière de la Pierre qui Tourne, curiosité méritant un léger détour bien signalé (photo 3). Dans une jolie clairière fleurie en mai par des véroniques bleues, se dresse un menhir d’époque néolithique constitué de petits cailloux agglomérés (poudingue). Elle n’oscille plus sur sa base comme jadis. Elle a en effet été scellée il y a quelques années, après qu’au XIXème siècle un agent forestier à la recherche d’un trésor, trouva la mort en la renversant.
Retournons sur la route forestière dont les bas côtés sont très colorés par le violet des vesces et le blanc des stellaires holostées et des alliaires. Sur ces dernières volette un papillon remarquable par ses coloris orange sur fond blanc. Il s’agit de l’Aurore mâle (photo4) dont la présence sur ces plantes hôtes nous confirme que le printemps est bien installé.
Après 800m de route en arrivant en fond de vallée, quittons le goudron pour prendre à angle droit à gauche un chemin qui monte raide au milieu de la parcelle 454. Arrivés sur la partie horizontale tournons à gauche en longeant à droite la parcelle 453. Nous descendons ainsi vers les sources au milieu de sceaux de Salomon (photo 5) et de genets en fleur. Sur la gauche nous pouvons apercevoir le château de la Fontaine du Houx (photo 6) rendez-vous de chasse des Rois de France. Il est également bien connu par la présence éphémère d’Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, Dame de Beauté dont le peintre Jean Fouquet révéla un sein charmant.
Et nous voici à la source de la Lévrière située dans un agréable bosquet de vieux hêtres. Comment ne pas évoquer l’origine de son nom ? La légende veut que sa découverte soit due à un lévrier femelle (photo 7) en quête d’un peu d’eau pour étancher la soif de sa meute après une longue chasse. Et si non e vero e bene trovato disent les Italiens.
De la source prenons à droite la large route forestière dite de la Fontaine du Houx. Des jacinthes des bois encore en fleurs, des euphorbes amandiers très présents et des gaillets croisettes colorent en bleu, vert et jaune cette portion de notre itinéraire qui dans deux ou trois semaines sera éclairé par l’or des genêts. Nous longeons à droite une zone humide, souvent petit étang (photo
peu visible de notre route. Sur ses bords fleurissent myosotis et tapis jaunes des dorines à feuilles alternes (photo 9). Le large chemin forestier tourne à gauche pour atteindre la maison forestière de Rome (photo 10) 1500 mètres environ après le site des sources. De là une petite route goudronnée rejoint la D14 que nous prenons à gauche jusqu’à une bifurcation située à près d’un km de la maison forestière. Quittons la D14 pour suivre tout droit la direction « musée de la ferme de Rome » (consacré au lait) devant lequel nous passons. Le chemin se poursuit tout droit à travers des champs de colza (photo 11) dont l’or, au mois de mai, est piqueté du bleu de touffes de véroniques (photo 12). Nous descendons enfin dans un chemin couvert par la frondaison de vieux charmes aux troncs et aux racines torturées qui nous conduit à l’église de Bézu (photo 14). Dans le village admirons de belles maisons typiquement normandes (photos 15&16).
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