Pour des raisons évidentes d’économie, les anciens ont utilisé les matériaux dont ils disposaient localement : bois, silex, calcaire. Ce n’est qu’au cours du XIXème siècle, avec l’amélioration des transports, que l’emploi de matériaux venus d’ailleurs, comme l’ardoise, a pu se généraliser. La construction était pour l’essentiel l’oeuvre d’artisans résidant sur place : maçons, charpentiers, couvreurs…. Observons nos édifices, ils sont souvent de remarquables conservatoires de matériaux et de techniques oubliées (photo 1).
Le bois est omniprésent dans la construction. Il se retrouve dans la charpente (photo 2), avec ses fermes triangulées, régulièrement espacées, sur lesquelles viennent reposer les pannes et les chevrons, ainsi que dans le pan de bois, ici d’un type plutôt lâche, avec ses poutres, ses poteaux, ses écharpes. Ces pièces sont en chêne. Leur longueur – 4 à 5m- a déterminé la largeur des maisons. Les plus anciennes étaient simplement équarries, les plus récentes sciées et de moindre dimension, du fait de la raréfaction des grands arbres.
Le mur représenté sur la photo 3 est comme une leçon de chose, il réunit les différents types de matériaux concurremment ou successivement mis en oeuvre dans les maçonneries : torchis, silex, brique, pierre calcaire. Le silex était utilisé le plus souvent en soubassement, brut ou préalablement équarri, il était lié par un mortier fait de chaux et de sable, mêlé d’un peu d’argile (sable rouge ou sable”à lapin”). Souple et poreux, ce mortier absorbait bien les contraintes et l’humidité, mais adhérait faiblement au silex.
Pour préparer le torchis, le maçon étalait l’argile sur un plancher, puis la recouvrait avec du foin, de la paille de blé ou de seigle, hachés menus. Le tout était mouillé, piétiné pour former une galette, puis posé sur les lattes encastrées dans le pan de bois. La brique, de l’argile cuite, était employée au XVIIIème siècle dans les constructions importantes. Une briqueterie fut, du reste, créée à Mainneville vers 1770. Mais c’est surtout au XIXème siècle qu’elle s’imposa. Trente trois briqueteries fonctionnaient en 1862 dans la région (photo 4).
La plupart des maisons étaient autrefois couvertes en chaume. Les bottes de paille étaient posées verticalement, et fixées avec des liens d’osier. Ces couvertures étaient légères (20kg par m2), durables, protégeaient bien du froid et du chaud. Elles nécessitaient des pentes d’au moins 45° pour l’écoulement des pluies (photo 5). Comme le chaume était inflammable et attirait les rats, on lui substitua l’ardoise, devenue meilleurs marché, au milieu du XIXème siècle. L’inclinaison réclamée étant moindre, les murs et les charpentes furent généralement rehaussés.
Pour les maisons importantes, on préférait utiliser la tuile plate normande, d’environ 15cm sur 27cm. Munie sur sa face postérieure d’un mentonnet, elle s’accroche sur un lattis. Elle était construite localement, notamment à Neaufles Saint Martin qui compta jusqu’à sept tuileries. Matériau lourd (environ 80kgs par m2), la tuile exige de fortes charpentes et des toits dont l’inclinaison ne peut excéder 45°. Elle offre par la variété de ses teintes, d’indéniables qualités esthétiques (photo 6).
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- 1. Bois, briques, torchis, silex : une maison traditionnelle
- 2. Charpente mise à nu
- 3. »Mosaïque » de maçonnerie
- 4. Du torchis à la brique
- Ancienne chaumière à toit pentu
- 6. Toit à quatre pentes








