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papa

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P.L.U
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Espèces protégées

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Sortie botanique

En cette matinée du 18/05/2008 il règne une activité inaccoutumée en plein cœur de la forêt de Lyons au carrefour des Quatre Cantons. Une trentaine de membres de l’ASALF est venue participer à la randonnée botanique organisée par Guy Pépin sous l’autorité du botaniste de l’ONF, J.P. Legrand vice-président de la Société Linnéenne de Nord-Picardie. Nous prenons la route du Val d’Erable et notre savant guide repère, sélectionne, désigne et commente aux auditeurs profanes mais avides d’apprendre, les éléments végétaux les plus remarquables.

Dans cet environnement forestier où le vert domine, les tâches colorées des fleurs n’en sont que plus attirantes. Mais attention à ne pas confondre les petites fleurs blanches de l’aspérule odorante (quand elle est sèche) qui côtoient celles très proches du gaillet grateron, ni les fleurs bien connues du fraisier avec celles de la potentille faux-fraisier, aux feuilles moins luisantes et aux dentures symétriques, qui ne donnera que des fruits secs.

Plus loin nous voyons le jaune des fleurs du lamier jaune (ou ortie jaune), des boutons d’or, des renoncules toxiques, âcres et dressées ou rampantes, le violet des vesces des haies terminées par des vrilles, le rouge du géranium herbe à Robert omniprésent, le bleu des véroniques et des bugles (Ajuga reptans), le jaune-vert des euphorbes amandier et les larges feuilles du plantain qui aurait la vertu d’adoucir les piqûres d’ortie.

Géranium herbe à Robert

Géranium herbe à Robert

Euphorbe amandier

Euphorbe amandier

Plus rares et plus spectaculaires, nous découvrons les raiponces en épis, grandes fleurs blanches de forme conique. Protégeons-les.

Raiponce en épis

Raiponce en épis

Certains, à l’œil entrainé, peuvent également reconnaître les vestiges des remarquables floraisons d’avril avant que n’apparaisse l’ombre des feuillages : feuilles décolorées des anémones sylvie et grappe de fruits des jacinthes des bois. Il peut aussi prévoir les fleurs des digitales aux touffes de feuilles caractéristiques et celles de campanules bleues aux tiges dressées et aux feuilles semblables à celles des orties. Nous découvrons au passage une plante protégée : la dentaire bulbifère. Stellaires, bardanes, cirses, cerfeuil des bois, persil sauvage, angélique des bois font également partie de l’inventaire incomplet car inépuisable de notre maître botaniste.

Les fougères moins colorées mais si décoratives sont nombreuses : les fougères aigle aussi abondantes qu’envahissantes et contre lesquelles l’ONF ne sait comment lutter, les fougères mâles et les fougères femelles plus fines car plus découpées ne pourrons procréer car il s’agit d’espèces différentes. N’oublions pas les graminés si utiles dans notre agriculture : pâturins, dactyles aux petits épis violacés et orge des bois consommé dès la préhistoire.

La découverte d’une mare envahie par les rubaniers et les lentilles d’eau, enchante notre groupe. Monsieur Meschberger nous rappelle l’importance d’une telle mare dans l’habitat gallo-romain. D’ailleurs, sur une butte attenante, nous découvrons des tessons de poterie ancienne. Ces mares sont les lieux de rendez-vous des salamandres, tritons et autres batraciens. Vestiges d’une civilisation datant de 2000 ans, l’ONF les entretient régulièrement par élagages et par curages.

Rubaniers et lentilles d'eau

Rubaniers et lentilles d'eau

Tout en cheminant, nous côtoyons des peuplements de frênes ou d’érables que l’examen des feuilles nous permet de classer en érables planes, sycomores ou champêtres. Nous apprenons à différencier les charmes aux feuilles dentelées des hêtres aux feuilles bordées de poils grâce à une petite phrase mnémotechnique chère aux forestiers « le charme d’Adam (à dents) c’est d’être (hêtre) à poil ».

Nous sommes également initiés aux subtiles différences entre l’aubépine épineuse et l’aubépine monogyne aux feuilles plus découpées, entre les chênes sessiles (gland sans pédoncule) et pédonculés, joyaux de nos forêt. Vous avez le droit de vous tromper, aubépines et chênes pouvant s’hybrider.

Cette savante initiation à la connaissance des plantes ne nous fait en rien négliger l’attrait d’une promenade dans une forêt bien vivante aux hêtraies majestueuses et célèbres.

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